Laboratoire Sciences Pour l'Environnement | CNRS - Università di Corsica
Programmes de recherche en cours  |
INNOV'AGRUMES
INNOV'AGRUMES - La recherche au service de l'innovation agrumicole Corse
Présentation du programme

L’histoire et la génétique nous apprennent que les agrumes ont vu le jour en Asie. Ceux que nous connaissons aujourd’hui sont tous issus de croisements entre quatre espèces ancestrales, le cédrat, le pamplemousse, le papeda et enfin, celle qui nous intéresse particulièrement dans le cadre du projet Innov’Agrumes, la mandarine. C’est ici, dans le bassin méditerranéen, que le clémentinier, croisement d’un mandarinier et d’un oranger lui-même issu d’un précédent croisement, a fait son apparition. Le goût et la quasi absence de pépin de la clémentine ont fait sa renommée, elle s’est alors imposée sur le marché. Aujourd’hui, elle est cultivée au Maroc, en Espagne, en Tunisie, en Italie, et en Corse. La production et la commercialisation des agrumes sont fortement concurrentielles et la Corse, petit acteur parmi les géants, a su se démarquer par un produit de qualité fortement identitaire jouissant d’une IGP depuis 2007 grâce au travail de l’ensemble de la filière agrumicole insulaire.

Les clémentiniers, comme la majorité des cultivars d’agrumes, sont diploïdes. Aujourd’hui, à côté de l’absence de pépins dans les fruits, de nouveaux objectifs apparaissent dans les projets de création variétale comme l’étalement de la production et l’amélioration de la qualité nutritionnelle des fruits (teneur en vitamine C, en caroténoïdes et composés phénoliques, goût). Au niveau international, de nombreux projets récents se focalisent sur la création d’agrumes triploïdes type mandarine pour produire des fruits sans pépins de qualité élevée.

C’est dans cette dynamique, et pour répondre à ces enjeux majeurs, que le projet Européen Innov’Agrumes a su trouver sa place. En effet, de nouvelles variétés de mandariniers d’excellente qualité et plus tardives telles qu’Afourer, Orri ou encore Tango se développent dans le bassin méditerranéen et couvrent toute la fin de la période hivernale (janvier-avril). Cependant, les conditions pédoclimatiques corses ne permettent pas leurs cultures sur l’île. Il est donc essentiel pour l’agrumiculture insulaire, qui est la seconde activité agricole en Corse après la viticulture, de trouver un fruit alternatif à forte typicité et fortement concurrentiel, hors de la période de production de la Clémentine Corse IGP et de celle du pomelo IGP (avril-juin).

Afin de trouver l’agrume du futur, tous les acteurs de la filière agrumicole se sont réunis et travaillent en étroite collaboration au sein de ce projet d’« innovation participative ». Celui-ci fédère de nombreux acteurs d’horizons différents tels que l’Université de Corse (projet Ressources Naturelles), l’INRA, le CIRAD, l’Areflec (Association Régionale d'Expérimentation Fruits et Légumes en Corse), la Chambre d’Agriculture de Haute-Corse, Inter Bio Corse (association au service du développement de l'agriculture biologique en Corse), Agri Sentinella (société de conseils en agriculture raisonnée), l’APRODEC (Association Promotion et Défense de la Clémentine Corse), l’OPAC (Organisation des Producteurs d'Agrumes Corse), Terre d’Agrumes, OPAMA et le syndicat des pépiniéristes d’agrumes de Corse représenté par la Pépinière de Corse.

L’Université de Corse intervient essentiellement au niveau de 2 modules :

  • Le module 3.4 est consacré à l’étude de l’adaptation de « nouveaux agrumes » triploïdes aux principales contraintes climatiques retrouvées en Corse, fluctuations annuelles de températures et déficit hydrique. Afin de déterminer les hybrides triploïdes les plus tolérants à ces stress environnementaux, ces derniers sont comparés en déterminant plusieurs paramètres physiologiques et biochimiques, indicateurs de l’adaptation au stress. Les expérimentations de stress thermique et/ou hydrique sont conduites en serre et en vergers. Par ailleurs, dans la perspective de création de produits innovants, l’étude de certains métabolites secondaires clés de la valeur organoleptique et santé (composés aromatiques, huile essentielle, flavonoïdes, furanocoumarines, anthocyanes) est réalisée.
  • Le module 7 du projet est consacré à l’évaluation sensorielle des fruits. Ce module répond à deux objectifs : (i) fédérer les acteurs de la filière autour d’une plateforme de sélection participative et (ii) assurer le fonctionnement de la plate-forme d’évaluation sensorielle. Les analyses sensorielles sont réalisées dans les locaux du Corsic’Agropole. Un panel expert est en cours de formation afin d’établir les profils sensoriels des nouvelles variétés d’agrumes qui seront sélectionnées en gardant à l’esprit la finalité du projet qui est la commercialisation du « meilleur » fruit au niveau gustatif mais également au niveau agronomique.
Porteurs du programme : Yann Froelicher (INRA-CIRAD)
Responsable du programme Université de Corse - CNRS UMR SPE 6134 : Jérémie Santini

 

Financement du programme : PO FEDER

Montant UCPP - CNRS UMR 6134 SPE : 686500 €

Aide accordée : 442 095 €

Page mise à jour le 03/04/2019 par Paul-Antoine Santoni